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mercredi, juin 19 2019

Cali-Medellin et retour à Bogota

Après mon arrivée à Cali, je tomba donc très malade pendant quelques jours. J'ai du arrêter de penser au petit cheval en acier (c'est le surnom que l'on donne au vélo en Colombie). Mon allée de Cali à Medellín s'est faite en avion.

Arriver dans une ville en avion ou en vélo relève d'un sentiment totalement différent. Bien que je puisse prendre plaisir à voler, lors d'un voyage rien n'est comparable à cette sensation d'arriver à un lieu par ses propres forces où après tant d'efforts et de préparation on arrive à son propre destin. J'arrive alors à Medellín, ville mondialement connu plus que tout pour avoir été le berceau du cartel de drogue le plus puissant des années 80 et 90. Pablo Escobar en a été la référence majeur. D'un point de vue phénotypique, Medellín est probablement la ville la moins métissée de tout le pays en ayant reçu une immigration principalement espagnole. Politiquement Medellín a toujours toujours été majoritairement libéral en ayant favorisé l'élection du président Uribe fin des années 90 et début des années 2 000 ainsi que l'élection du président Ivan Duque aux dernières élections. Cette ville a aussi permis le développement du paramilitarisme par le biais de ses propres articles de lois. Les groupes paramilitaires sont des bandes armées appartenant à des entités privés et qui ont permis à l’état de commettre des exactions non conforme avec les droits de l'homme sous couvert d'anonymat. Les groupes paramilitaires ont été en quelque sorte le bras droit caché de l'état qui ont par la torture et la terreurs anéanti toute tentative de prise de pouvoir de la FARC ( force armée révolutionnaire colombienne). Nous pourrions continuer à développer une image négative de cette ville en parlant par exemple des fosses communes, des tueurs à gages du reggaeton, musique à un très fort penchant commercial. Ce serait cependant une description non exhaustive. En effet, Medellín a sûrement été la ville ayant connu la plus grande évolution depuis la fin des années 90. Ayant fait diminuer très fortement la délinquance, elle est aujourd'hui une ville attractive où on retrouve pas mal de touristes européenne où nord américain. Elle est aussi en croissance économique. Beaucoup de colombiens immigrent maintenant à Medellín, ce qui n'arrivait pas il y a une quinzaine d'années. C'est la ville où les moyens de transport sont les plus développés. Elle comporte le seul réseau de transport de métro du pays ainsi qu'un téléphérique qui désengorge les bidon-ville en permettant aux gens des quartiers populaires d'en sortir et de circuler dans le reste de la ville.

Mon court séjour de deux jours (samedi et dimanche) à Medellín me redonna des forces. Je fus accueilli chez mon neveu, sa femme et ses enfants qui sont de grands mangeurs. Je remonta lundi 6 mai sur mon vélo direction Bogotá avec la profonde certitude que je n'allais pas retomber malade. J'avais alors un reste de gueule de bois d'une fête réalisée le samedi soir. En plus de cela je n'avais pas fais de sport pendant une semaine. Pour éviter les tunnels à la sortie de Medellín, je pris une route alternative. Je pris alors un petit chemin qui m'a fait pénétré dans une des communes se trouvant à la périphérie de Medellín. En m'engageant dans ce chemin, je me rendis compte que je m'introduisais dans un quartier avec un haut potentiel de dangerosité. Toutes les conditions étaient alors réunis pour que prennent fin mon voyage. Premièrement, j'étais sur une route très inclinée avec une pente d'au moins 7 ou 8% de dénivelé. Je ne pouvais donc pas aller vite. Ensuite la route était en très mauvais état. Si je crevais à cette endroit là mon voyage pourrais prendre fin.

(Photo piquée d'internet). Je suis passé en vélo dans le quartier par lequel passe ce téléphérique. Ce dernier sert à désengorger ce quartier populaire. A mon passage, il y avait une queue d'une bonne vingtaine de mettre pour prendre le téléphérique.

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Je décidai donc de faire demi tour en optant pour le tunnel à travers la route principale, ce qui était beaucoup moins imprudent. Cette petite mésaventure me fit perdre une heure de route ce lundi matin. En Colombie, les routes joignant les principales villes du pays sont toujours très roulantes et très bien entretenus. Les autres routes peuvent être parfois dans un état très délicat. En vélo de route il est donc conseillé de suivre les routes principales. Pour sortir de Medellín direction Bogotá, il faut emprunter une longue montée d'une dizaine de kilomètres, il y a ensuite plusieurs km de plat pour ensuite aborder une route descendante de plusieurs dizaines de kilomètres. Aux altitudes les plus basses j'ai aperçu 38°c à mon compteur de vélo. Mon trajet Bogotá - Cali et mon cours séjour à Cali m'a cependant habitué à cette chaleur. Des températures si hautes font cependant diminuer le rendement du corps et sous une si grande chaleur je me rendis compte qu'une différence de seulement 5°c peut avoir un fort impact sur la performance.

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J'arrivai ce lundi à Doradal qui était ma première destination. Doradal est le petit village où Pablo Escobar avait construit sa maison de campagne. Mon arrêt dans ce petit village est purement une coïncidence due à sa position géographique entre Medellín et Bogotá. Pablo Escobar a été un des hommes les plus riches au monde fin des années 80 et début des années 90. Il avait tellement d'argent qu'il s'est fait construire autour de sa villa un zoo avec des pistes d'atterrissage d'hélicoptère pour pouvoir arriver chez lui par les aires. Pour son zoo il a fait importer des animaux d'Afrique. Doradal est aujourd'hui assez fréquenté pour deux raisons. Une des raisons est que la figure de Pablo Escobar est devenue un symbol commercial sur lequel s'est développé le tourisme et le commerce. Sa villa à Doradal nommée "hacienda Napoli" peut être visitée comme un musée et de nombreuses chemises sont vendues portant sa figure. Une autre des raisons pour laquelle Doradal est très fréquenté est due au "lavage d'argent". Les narcotrafiquants ont toujours eut besoin de "faux moyens légaux " pour justifier leurs richesses construite de manière illégales. Pour cela ils se mettaient alors à investir dans la construction de routes, d'infrastructures, dans des restaurants, des salles de sport, l'agriculture... Ils justifiaient alors leurs gains personnelles par ces différents investissements. À Doradal, certains supposent que beaucoup d'argent "a été lavé" ce qui a créé des restaurants, des hôtels, etc. Ces différentes conditions ont fait de ce village un lieu de passage où pas mal d'individus s'y arrêtent volontairement.

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Le lendemain m'a attendu "la route du soleil". C'est une distance d'une centaine de km de plat sous une chaleur intense où aucun lieu de vente n'est présent. Cette route est vraiment originale pour un pays où l'on peut trouver des lieux de vente de manière extrêmement récurrente. En tant que cycliste, il faut aborder ce passage avec une grande quantité d'eau. J'ai partagé lors de ce passage une de mes bouteilles avec des migrantes vénézuéliennes ce qui m’a coûté une soif pendant pas mal de km. C’était une soif bien justifiée. En arrivant à Guaduas, j'ai alors pu manger et boire à volonté. Chose particulière dans cette localité où il fait si chaud, une soupe chaude est offerte pendant les repas. Après Guaduas, une montée d'une dizaine de km m'attendi jusqu'à La Villeta où je passai la nuit. Dans cette montée, je fis face au plus grand risque jusqu'à alors encouru. En Colombie, j'ai croisé beaucoup de chiens et tous étaient inoffensifs. Ces trois derniers qui me coururent après ont été l'exception de cette "amabilité de chien". Alors que j'étais déjà essoufflé, trois chiens se sont jetés sur moi en aboyant d'un aire dangereux à quelques cm de mes mollets. Pour m'en éloigné j'allai sur le file de gauche en roulant à contre sens quand un camion arriva en face. Devant moi un camion, à ma droite des chiens montrant leurs crocs. Je ne pu qu'essayer d'accélérer à nouveau en passant à nouveau dans la file de droite. Quitte à me faire mordre autant ne pas me faire écraser. Les chiens me poursuivirent encore sur une bonne centaine de mètres avant de me laisser tranquille.

Pour mon dernier jour de voyage à vélo le lendemain, m’attendis la montée finale d'une quarantaine de km nommée "alto d'El Vino" et qui est souvent emprunté par les cyclistes du tour de Colombie. Ce col est aussi emprunté par une grande quantité de cyclistes amateurs ce qui me permis de finir mon voyage avec de bonnes compagnies. À mon arrivée à Bogotá je respectai au mieux toutes les règles de transport en faisant très attention à la circulation. Rien ne devais m'empêcher de finaliser mon voyage. Cela aurait été un comble qu’il m’arrive malheur à quelques km de l’arrivée.

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dimanche, avril 28 2019

L'arrivée à Cali

Dès l'aube, je prends la direction Cali. Il ne me reste plus que 80 km de plat. J'arrive dans la région "d'El Valle del Cauca" que l'on pourrait traduire par " la pleine du Cauca". La Colombie est un pays extrêmement montagneux à l'exception de ce territoire. Quand on y est, on voit de longues étendues de champs avec des montagnes au bout.

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Ces 80 km de plat pourraient être un jeu d'enfant par rapport aux étapes précédentes réalisées. Cependant je commence à ressentir l'envie de vomir et l'accumulation des km des jours précédents me compliquent la tâche. Après les 40 premiers km, je ressens de meilleurs sensations. En arrivant à Cali, j'arrive à me faufiler derrière des camionnettes et derrière certaines motos qui ne vont pas à plus de 40km/h pour prendre de l'aspiration.

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Une fois arrivé chez une de mes tantes à Cali, m'attend un un excellent repas. Ce sera le festin de trop. Après cela je commence à avoir la diarrhée, la fièvre, mal de ventre, un manque d'énergie... Cela va me maintenir au lit pendant au moins 24h sans trop pouvoir bouger, totalement bloqué et inactif. J'ai perdu 2 kg en trois jours.

Que ce soit à Bogota, à Cali ou sur mon chemin de Bogota à Cali, j'aurai vu des migrants vénézuéliens. Regroupés souvent par groupes de 3 à 5 personnes, on les retrouve entrain de marcher avec leurs bagages sur le bord de la route sans aucun autre moyen de locomotion que leurs propres jambes. Sur les routes en Colombie, il y a des péages : pour les poids lourds le péage est plus cher que pour les voitures ; les motos paient encore moins et c'est heureusement gratuit pour les vélos. J'ai vu des routes d'extrêmement bonne qualité et extrêmement roulantes plus que nulle part ailleurs en arrivant "Al Valle Del Cauca". À chaque péage j'ai pu voir les migrants Vénézuéliens attendre que passent les poids lourds pour monter dessus. Il existe ici la même dichotomie qu'en France en référence aux migrants. Il y a aussi bien ceux qui chassent les migrants en se sentant envahit, que ceux qui veulent faire acte de solidarité pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles. Les visions du monde et les idéologies sont assez clivées de façon dichotomique, ici en Colombie. C'est comme aux États-Unis à la grande différence qu'aussi bien en Colombie et au Vénézuela, le socialisme peut être interprété et entendu dans son vrai sens du terme. Sur l'origine de la pauvreté au Venezuela les avis divergent. On trouve aussi bien ceux expliquant que la pauvreté au Venezuela provient plutôt d'un saccage du système socialiste vénézuélien par la droite capitaliste que ceux expliquant que la pauvreté provient d'une mauvaise gestion économique du pays et d'une monopolisation du pouvoir. Ce qui est sûr, c'est que par l'utilisation de la constitution, l'opposition vénézuélienne aurait pu à maintes reprises mettre en place et développer facilement un contre pouvoir. Cependant, elle n'a pas opté pour ce chemin. Ici en Colombie, les migrants se fondent dans la classe populaire d'un des pays les plus inégalitaires au monde. Dans ces pays inégalitaires, ou bien peut-être particulièrement en Colombie, on retrouve des différences culturelles entre les riches et les pauvres. Les gens des quartiers populaires prennent plus que tout le bus et le vélo comme moyen de transport. Les riches prennent quand à eux leur voiture ou le taxis. Les gens des quartiers populaires font souvent la fête dans la rue entre voisins et amis, les riches font des fêtes organisées au sein de leurs propres maisons. Les riches ont une peur extrême de l'insécurité et de la délinquance contrairement aux gens des quartiers populaires. Les riches seraient rarement prêt à rouler à vélo et prennent une peur bleue lorsque je leur raconte mon aventure en solitaire tandis que les gens des quartiers populaires m'y encouragent. Il y a aussi, il faut le dire, une certaine partie de la population qui bien que venant de l'élite, essaie d'adopter des habitudes plus humbles lui permettant de se fondre dans la majorité de la population en adoptant des manières de faire les plus variées possibles. On pourrait dire qu'ils sont des "bobos" ce qui ne doit pas être considéré comme négatif si l'on recherche une transition et une certaine homogénéisation des niveaux de vie. Je ne pense pas qu'il y ait en Colombie beaucoup de délinquance, je pense plutôt que la délinquance existante peut se manifester de manière bien plus violente.

En arrivant chez ma tante à Cali, elle fait alors tout pour me faire peur et pour que je ne continue pas mon voyage. Elle m'explique comment s'est passé son cambriolage, elle m'explique les actes de délinquance qui se déroulent dans la rue, les vols de vélo, etc, Après que la maladie m'ait cloué au lit et m'ait fait perdre plusieurs kg je reste avec les même envies de continuer. Je verrai comment m'organiser dans les prochains jours selon l'évolution de mon état de santé.

samedi, avril 27 2019

"Alto de la linea"

Départ à 5h du matin. L'objectif n'est plus d'échapper à la circulation de Bogota mais d'échapper à la chaleur. Température au départ : 19 degrés. L'apparente fraîcheur matinale me donne de l'énergie et de la motivation. C'est aujourd'hui l'étape la plus difficile de toutes. Au programme "l'alto de la línea" culminant à 3250 m d'altitude en partant d'Ibagué qui se trouve à 1170 m d'altitude. La montée se divise en deux parties : - une première partie d'Ibagué à Cajamarca d'environ 25 km à quelques 3% de pente et une deuxième partie d'environ 22 km à 6,1%. La première partie ressemble au col du Lautaret dans les alpes. La deuxième partie pourrais ressembler au col du Galibier dans le sens où plus on arrive au bout plus ça monte raide, cependant le Galibier est bien moins long.

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Arrivé à Cajamarca je prends une première pause. Mon objectif à partir de là est d'aller jusqu'au bout sans mettre pied à terre. Au village, je mange une "arepa" et une "almojabana" qui sont des plats traditionnels colombien. J'en ai marre de mon alimentation du jour précédent à base de pâte de fruits et de bananes.

Voici le début de la montée à la sortie de Cajamarca :

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Cette deuxième partie du col aura duré environ 2h20. Je n'ai jamais été aussi lentement en vélo. Mes bagages de 9 kg paraissent en faire 40. Les 200 km du jour précédent ont pesé lourd dans les jambes. Nombreux sont les camionneurs qui klaxonnent ou qui me font un signe de la main pour m'encourager. J'ai presque abandonné à plusieurs reprises… Cependant en voyant le nombre de km restant diminuer, cela m'a permis d'aller jusqu'au bout. Dans cette montée je voyais tout au ralenti. La majorité des véhicules étaient des camions de transport de marchandises. L'unique passage routier entre Cali et Bogota est ce col ce qui explique la si grande circulation. Certains camions prennent des risques mortels en doublant d'autres avec très peu de distance et de visibilité possible. J'observe sur ma route un combat entre les rejets de polluants des camions et la nature. De la fumée noire s'échappe de certains pots d'échappement de camion. En l'absence des camions, l'odeur de la nature quand à elle si intense se fait immédiatement ressentir. Même au dessus de 3 000 mètres d'altitude, il continue d'y avoir des arbres, cependant ce sont d'avantage des sapins. Le climat tropical permet cela.

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Une fois arrivé au sommet, je savoure une bonne pause. "L'alto de la Línea", le sommet de ce col est toujours en contact avec les nuages et je me retrouve en plein dans la brume. N'ayant pas de pull, les colombiens me regardent comme si j'avais perdu la tête.

Voici la seule pancarte indiquant l'arrivée au sommet. Elle est plutôt misérable mais cela n'enlève pas la satisfaction d'être arrivé au sommet. IMG_20190427_102640.jpg

Je reprends ensuite la route. La descente pour arriver jusqu'à Calarca est très technique avec beaucoup de virages. C'est dans ces situations que le cycliste peut aller plus vite que les autres véhicules. Je fais alors face au premier problème technique de mon vélo. Le dérailleur avant se met à faire un bruit bizarre. Ce problème disparaîtra sans que j'en comprenne l'origine. Une fois à Calarca, je prends la destination de Tulua où m'attend ma cousine les bras ouverts.

vendredi, avril 26 2019

Le départ

Vendredi 26 Avril

Après quelques semaines de préparation, le jour que j'attendais vient enfin. Le réveil est mis à 4h30 du matin. À Bogota il faut se lever tôt pour éviter les bouchons. C'est un peu comme le périphérique à Paris, la circulation peut être tellement dense qu'il devient difficile de circuler. Après un rapide mais consistant petit déjeuner je monte sur le vélo et je prends la route que j'avais tant de fois étudiée. Depuis mon point de départ, il faut environ une vingtaine de km pour sortir de Bogotá en prenant la direction d'Ibague et ensuite 180 km pour arriver à Ibagué. Sur mon chemin je passe par chez ma tante qui m'offre une pommade musculaire. Elle fait toute sorte de pommades de manière artisanale. Elle me recommande à dieu pour que je sois en sécurité et je continue mon chemin. J'ai pu rouler un certain temps à Bogota sans trop de difficulté avant que la circulation ne se fasse trop dense aussi bien sur la route que sur les pistes cyclables. Rouler sur la route est plus rapide et rouler sur la piste cyclable est moins dangereux. J'opte des fois pour l'un, des fois pour l'autre. Après quelques km en sortant de Bogota vient la première montée, pas très longue et qui culmine à environ 2800 m d'altitude. Je la monte sans me presser, la route va être longue. Pour tenir la distance, je fais des pauses de 5min chaque heure.

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Après ce premier col vient une descente infinie jusqu'à une ville qui s'appelle Melgar. Beaucoup de camions roulent à moins de 70km/h. Cela me permet de prendre aspiration.

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Plus je descends, plus la chaleur se fait ressentir. Arrivé à Melgar, je me perds pour la première fois. En Colombie, avec beaucoup de régularité, il y a des embranchement de route qui disent "Retorno" et qui permettent de faire demi-tour pour revenir sur ses pas. Je retrouve ainsi aisément mon chemin. Les 20 derniers km jusqu'à Ibagué sont difficiles. Je n'étais vraiment plus du tout habitué à faire du vélo sous une telle chaleur. Je commence à être brûlé par le soleil. Je bois des litres et des litres d'eau. Mon compteur de vélo indique 37 degré. C'est 7 degré de plus que ce qui était prévu par la météo.

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Arrivé à Ibagué, je suis reçu par un "Warmshower". C'est le nom d'une communauté internet qui permet aux voyageurs à vélo de se loger mutuellement. Je ressens mon arrivée chez lui comme une délivrance. Je me rendrai compte le lendemain matin au moment de remonter sur le vélo que c'est plus la chaleur que la fatigue physique qui m'a épuisé. À Ibagué, la maison de mon Warmshower est un véritable musée. Sur les murs se trouve accrochée une collection de vélos qui ont tous l'air plus anciens les uns que les autres.

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Je fais une sieste dans un amaque et la journée continue. Alejandra et Carlos les personnes qui me logent font parti d'une organisation qui s'appelle "En Tandem". Cette organisation a pour but de promouvoir la circulation à vélo. Tout les derniers vendredi de chaque mois, ils organisent une sortie à vélo collective. J'ai la chance d'être là au bon moment. Avec une soixantaine de participants ils étaient selon eux, "pas beaucoup". Sur le chemin ça parle d'écologie et de recyclage, ça parle d'un monde avec moins de fumée et plus de vélos. À l'avant et à l'arrière du défilé se trouvent deux vélos avec enceinte et drapeaux de l'organisation. Ici ils ne parlent pas d'éduquer le conducteur de voiture mais principalement d'éduquer le conducteur de vélo. Les consignes de sécurité sont répétées dès que possible : rouler à droite de la route, attendre que le feu passe au vert pour s'engager, toujours avoir des lumières d'éclairage pendant la nuit. Ce n'est pas la seule organisation de ce genre en Colombie. Il y en a plusieurs dans différentes villes. La majorité des événements se font de manière mobile, c'est à dire en se déplaçant à vélo de manière collective en formant des fois dans les grandes villes des déplacements d'une ou plusieurs centaines de participants.

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mardi, avril 23 2019

Fôret amazonienne, j-3 avant le départ à vélo

Je me trouve maintenant à la ferme d'un de mes frères, dans une maison faite de simples planches de bois avec un toit de planches métalliques au fin fond de la forêt amazonienne. C'est une ferme destinée à la production de lait de buffle.

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La maison au sein de son environnement n'a nullement l'air d'une maison pauvre. Nous créons beaucoup de concepts de pauvreté et de richesse de manière subjective. Là où n'arrivent pas les annonces publicitaires, les canons de beauté ne sont pas liés à la mode avec autant d'intensité et les critères de pauvreté et de richesse ne sont pas forcément les mêmes. Dans la maison où je me trouve, les chambres sont des espaces fermés comportant des murs. Le reste de la maison : cuisine et salle à manger n'ont pas de murs et donnent directement sur l'extérieur. Cela n'est nullement choquant avec une température ne descendant jamais en dessous de 20°C. Le chauffage n'est pas une nécessité des gens et se protéger contre les vols n'a jamais été nécessaire ici au fin fond de la campagne. Arriver jusqu'à là où je suis arrivé a été très aventureux. San José del Guaviare est la capitale du département "Guaviare". Dans cette ville arrivent bus et avion depuis Bogota. La première chose qui m'a impressionnée est l'intensité de la couleur verte de toute la végétation que ce soit de l'herbe, des arbustres ou des arbres. La nature est omniprésente. San José del Guaviare est une ville de 66 000 habitants. Il n'y a environ que la moitié des voies de circulation qui sont bétonnées. L'autre moitié sont des chemins de terre qui sont tout de même assez large et où il devient difficile de circuler la nuit surtout après les jours de pluies. On peut discerner dans ce cas là une pauvreté réellement objective car elle impact directement la vie matérielle de la population en rendant plus difficile leur déplacement. La majorité des gens circulent en moto.

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De San José del Guaviare, je suis allé à El Retorno. C'est une ville d'environ 20 000 habitants. J'y suis allé dans le coffre de la partie arrière d'une camionnette blanche. Cette camionnette ressemble à celle utilisées par les artisans commerçants en France pour y transporter leur matériel. Nous étions 8 personnes serrées à l'arrière. La vitesse de la camionnette variait environ de 5 à 60km/h selon la quantité de trous sur le chemin. Avec les quelques photos prises du paysage, les autres passagers ont vite découvert que je n'étais pas quelqu'un de local. Moi qui ne voulais pas être découvert, cela n'a pas duré. Cela me permet cependant à ce que ma curiosité ne paraisse pas ridicule. En discutant avec une passagère, elle m'apprend alors qu'il y a des gens ici de différentes origines. Ils sont aussi bien de Medellín, de la côte atlantique et d'autres endroits divers. Elle m'explique qu'il y a eu deux colonisations. Tout d'abord celle des espagnols et ensuite celle des Colombiens vennuent d'autres régions de Colombie. Je n'ai pas vraiment compris ce passage là. La deuxième colonisation est elle celle des paramilitaire ? Je n'en sais rien. Elle me dit aussi que pas mal d'habitants font l'allé retour entre San Juan Del Guaviare et El Retorno. Le temps de transport varie beaucoup selon si c'est un jour de pluie ou un jour sec en raison des conditions de glissades due à la boue sur les chemins. Pas mal d'étudiants et de professionnels qualifiés s'en vont vers San José del Guaviare et ensuite El Retorno manque de médecins, de professeurs, etc. La chose étonnante et très marquante était que dans cette camionnette perdu dans un chemin au milieu de nulle part les deux jeunes filles à ma gauche avaient des smartphones de dernier cri et était focalisées sur facebook en étant connecté dès que le réseau internet leur permettait. Sur ce point les discussions ne sont pas plus évoluées qu'en France. Ça parle de profil facebook, de photos, etc. En arrivant à El Retorno, l'atmosphère devient vraiment chaleureuse. Il n'y a pas de frontière réelle entre l'intérieur et l'extérieur des maisons. Beaucoup de gens se connaissent, s'interpellent et se saluent dans la rue. La musique s'entend a l'air libre.

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L'aspect positif de ces "villes très rurales" est qu'il n'y a pas de délinquance. On a donc pas besoin de faire constamment attention à ses affaires. Dans la ville d'El Retorno, mon frère, une amie et un autre ami de mon frère m'attendent. Je monte cette fois sur une moto pour aller à environ une heure d'El Retorno dans la ferme de mon frère qui est encore plus enfoui dans la forêt amazonienne. Là ça devient vraiment aventureux. Le chemin devient alors vraiment étroit, les trous, les bosses et la boue sont partout. Après environ une heure de moto et une chute heureusement sans gravité, j'arrive à la ferme. Un panneau photovoltaïque d'environ un mètre carré donne suffisamment d'électricité pour la lumière de la surface habitable de la ferme qui est d'environ 50 mètre carré. C'est cependant une maison sans frigidaire, celui-ci nécessitant une puissance d'injection que le panneau photovoltaïque ne peut pas fournir. Une citerne installée en hauteur arrive à emmagasiner 1000 mètres cube d'eau de pluie qui sert au lavabo et à la douche.

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Les gens boivent que des jus de fruits. Je n'ai en tous cas pas bu une goutte d'eau pendant mon séjour d'un jour et demi à la ferme. J'ai bu toute sorte de jus de fruits locaux : mangue, fruit de la passion, Lulo, etc. Le linge se lave à l'eau de pluie. La chaleur est telle que le linge lavé le matin est sec l'apres-midi. Étant allé faire un footing le matin, la chaleur et l'humidité sont étouffantes. Les locaux arrivent à réaliser des travaux physiques sans aucun problème sous cette chaleur qui peut atteindre certaine fois plus de 35 degrés. Après avoir parlé de choses et d'autres je me mets à poser des questions plus indiscrètes sur les thèmes internationaux pour lesquels la Colombie est principalement connue. San Juan Del Guaviare et El Retorno ont été pendant de longues années des villes sous contrôle de la FARC. Ici les gens à la campagne ont une meilleure image de la FARC que de l'état. Il persiste au même temps cette idée généralement admise que la FARC était à ses débuts bien plus juste et exemplaire qu'aujourd'hui. C'est à dire que si au début elle se battait pour un idéal de justice et d'égalité, avec le temps, certaines fractions de la FARC se sont mis à avoir un objectif plus lucratif. Cette évolution se retrouve dans le trafic de drogue qui a eu pour but principal dans un premier temps de financer la lutte armée et qui a pris petit à petit un objectif principalement lucratif. Certaines zones de la forêt amazonienne ont été dédiées à la plantation de la coca. Un argument généralement mentionné dans la région est celui de l'état des voie de transport. C'est à dire par exemple que le bénéfice que l'on peut faire avec plusieurs dizaines de kg de mangues est équivalent au bénéfice que l'on peut faire avec quelques kg de feuilles de coca. Vu le mauvais état des voies de transport il devient alors beaucoup plus simple de vendre de la coca. Un autre argument avancé est qu'il peut être assez difficile de vendre des fruits ou légumes car beaucoup d'aliments sont importés de l'étranger au lieu d'être achetés aux paysans locaux. Je me mets alors à penser que les différents traités de libre commerce entre la Colombie et les Etats Unis sont entrain de détruire les petits paysans colombiens qui n'ont pas la capacité de prendre part à une telle concurrence. Finalement le marché de la coca a du sortir de la pauvreté certains petits cultivateurs tout en rendant extrêmement riche ceux qui avaient le monopole du marché. Les gains financiers de la coca sont impressionnants. Pour un hectare de coca planté il faut investir environ 4 millions de pesos et celle ci peut rapporter en moyenne 0,5 millions de pesos par mois. À vrai dire, on récupère plus de l'investissement initial en moins d'un an. Pour éradiquer la culture de la coca, le processus de paix apporte des aides économique aux paysans en question. Un paysan mettant fin à son champ de coca peut obtenir jusqu'à 30 millions de pesos. Il obtient une première partie lorsqu'il éradique sa propre plantation. Il obtient une deuxième partie lorsqu'il substitue son ancienne plantation par une autre d'une culture différente. Le processus de substitution a déjà commencé et une grande partie des champs de coca ont été éradiqué. Seulement le processus de substitution prend de la lenteur en raison d'un manque de confiance de la part de l'état ou bien en raison d'un manque d'honnêteté de sa part. L'état ne remplit pas toujours ses promesses dans la transmission des aides économiques aux paysans. Une des solutions principales sur le long terme se trouverait plutôt dans l'abolition des traités de libre commerce permettant à l'agriculture locale de se développer que dans la transmission d'aides économique qui ne permettent pas forcément au paysans de se développer sur le long terme. Je rentre maintenant à Bogota où mon vélo m'attend pour partir vendredi matin.

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dimanche, avril 21 2019

Le lendemain de mon arrivée : La ciclovia

Salut à toutes et à tous.

Pour mon premier jour en Colombie je suis allé ce matin à la "cyclovia". Tous les dimanches matins, dans les principales villes du pays, ils ferment les principales routes aux voitures pour ouvrir ces routes aux cyclistes, coureurs, patineurs, marcheurs... À Bogota c'est à peu prêt 125km de route qui sont dédiés à cette activité. En sortant ce matin pour faire du sport à la cyclovia, j'ai pas pu rouler à mon rythme tellement il y avait de cyclistes. Ces cyclistes se comptent en milliers. C'était impressionnant d'en voir autant. Il y a aussi bien des groupes d'amis que des familles entières. Sur les bords de routes il y a tout un tas de vendeurs à la sauvette qui viennent égayer le parcourt en proposant tout une panoplie de nourriture et de jus de fruits. Alors bien sûr, c'est pas aussi bien que de faire du sport à la campagne mais ça reste émouvant de voir qu'une agglomération de plus de 8 millions d'habitants arrive à réserver tous les dimanches matin 125km de route aux cyclistes coureurs, etc. En dehors de ça la circulation est très dense. Les moyens de transport oscillent entre de vieilles camionettes suffisamment vieillent pour que l'on voit la fumée s'échapper du pot d'échappement et des voitures très récentes polluants beaucoup moins. Cette ambiance urbaine contraste avec par endroits quelques petits parques moyennement arborés. Dans un de ces parque, pendant la cyclovia j'ai pu voir un groupe d'une quarantaine de personnes faire des chorégraphies de manière énergique. La musique est présente par endroits. Quelques coureurs et même cyclistes se promènent avec leur propre enceinte pour propager l'onde sonore autour d'eux. On entend aussi bien de la musique traditionnelle colombienne tel que la salsa ou le vallenato que des sons plus commerciaux et modernes tel que le reggaeton.

Je pars demain pour San Juan del Guaviare tout proche de l'Amazonie. Je ne suis pas encore habitué à la chaleur que je vais ressentir mais je vais bien devoir m'y faire

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mercredi, avril 17 2019

Voici le bagage à vélo dans lequel le vélo pourra aller dans la soute

Plein d'étiquettes indiquant la direction avec le numéro de vol que le vélo doit prendre. Cela en espérant que le vélo ne s'égare pas!!!

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lundi, avril 15 2019

Avant-propos

Salut à toutes et à tous

Face à la demande de certains amis de prendre des photos de mon voyage à vélo, la meilleure solution qu'il m'est apparue a été celle de créer un blog. Bien heureusement, nous n'avons pas tous facebook aujourd'hui. Bien heureusement, nous ne sommes pas tous plongé dans ce monde virtuel où l'image vaut plus que l'action. En créant ce petit blog humble et modeste, je m'adresse donc à un public plus large.

C'est sûrement la meilleure idée qu'il m'est venue que celle de voyager à vélo.

Le premier et principal motif de ce voyage est celui de l’attrait pour le sport. Il ne me sera pas nécessaire de citer ici toutes les connaissances scientifiques prouvant l'impact positif du sport sur le bien de l'individu.

Le deuxième motif de ce voyage est celui lié au goût de l'aventure. Si nous avons le choix entre rester statique et immobile ou connaître le monde, alors je choisi la deuxième option.

Le troisième motif de ce voyage est le goût du défit. Bien-sûr et heureusement, ce troisième motif n'existerait pas sans les deux premier. Le goût du défit, ne peux provenir que de la passion que l'on a pour quelque chose, autrement cela serait vu comme un devoir plus que comme un bonheur!!

Un autre motif est celui de la beauté des paysages. Quand nous faisons du sport, au moment de se reposer nous avons nos sens et nos émotions décuplés. Nous ressentons les choses de manière plus intense.

Le dernier motif qui est le plus important est que c'est un des moyens de déplacement les plus propre qui devrait être privilégié à la voiture pour les distances appropriées. Mais bon, ce motif n'est pas valable pour moi car le jour de mon départ, j'aurai déjà pris l'avion.

Départ à vélo prévu pour le 26 avril

Montana Santafe de Antioquia